Prendre en compte les facteurs ESG pour évaluer les emprunts souverains des marchés émergents

La solvabilité d’un pays dépend fondamentalement de sa compétitivité et de sa capacité à entretenir une croissance économique durable à long terme. Pour en juger, les investisseurs examinent généralement toute une série de variables macroéconomiques, parmi lesquelles la dette publique, l’inflation, le déficit budgétaire et la balance des paiements courants. Combinés aux éléments politiques et de gouvernance, ces facteurs jouent un rôle indispensable dans le développement économique, ainsi que dans la capacité et dans la volonté d’un pays à rembourser ses dettes.

Cette capacité à assurer une croissance économique durable dépend en outre de facteurs socio-économiques, tels que le niveau des inégalités, l’éducation, le système de santé, la qualité des infrastructures ou l’environnement, ainsi que de contraintes de ressources. Des faiblesses institutionnelles et des problèmes sociaux peuvent amplifier les vulnérabilités macroéconomiques. C’est pourquoi nous estimons qu’il peut être judicieux de prendre en compte les dimensions sociales, environnementales, de gouvernance et politiques (ESGP) pour évaluer la solvabilité d’un émetteur souverain dans une approche plus globale.

Dans cette étude, nous nous penchons sur les facteurs ESGP susceptibles d’agir soit comme catalyseurs, soit comme obstacles au développement économique. Bien souvent, les facteurs socio-économiques sont interconnectés et se renforcent mutuellement. La médiocrité des systèmes scolaires ou de santé peut creuser les inégalités et entraver la croissance économique, ce qui finira par menacer la stabilité politique. L’absence de volonté, ou la difficulté, de s’attaquer aux défis sociaux et environnementaux peut faire naître des obstacles majeurs pour la croissance à long terme. Par exemple, après des années de développement industriel fulgurant, la pollution croissante de l’air, de l’eau et des sols pourrait devenir une contrainte pour la croissance future du PIB chinois1.

À l’inverse, les pays affichant de bonnes performances en termes d’ESGP devraient mieux résister aux chocs exogènes tels que les catastrophes naturelles, les crises financières ou l’instabilité géopolitique.

De notre point de vue, les considérations ESGP pourraient se révéler plus pertinentes encore dans le cas des marchés émergents.

Les écarts de développement socio-économique, le degré de stabilité ou la solidité de l’État de droit varient souvent fortement d’un pays à l’autre, avec des implications significatives pour la croissance économique durable, pour la compétitivité et pour la capacité à honorer ses engagements financiers. Notre cadre ESGP exclusif, mis au point en interne et né de la collaboration entre nos équipes Dette des marchés émergents et Investissement responsable, vise à représenter ces différences.

Le cadre ESGP évalue les pays à l’aune de 18 indicateurs répartis en quatre piliers : environnement, société, gouvernance et politique. Les notes ESGP apportent des informations précieuses pour identifier les facteurs et les tendances de long terme dont les écarts de rendement des emprunts souverains ne rendraient pas complètement compte. Il ressort de notre analyse initiale que la prise en considération des facteurs ESGP en plus des autres éléments d’analyse devrait aider les investisseurs à atténuer certains risques, tout en améliorant leurs rendements par rapport aux indices de référence passifs du marché.

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